Vastes questions. Permettez-moi de développer la première. Il m'arrive assez régulièrement, lorsque j'ai une idée de jeu, de voir si le tout n'est pas transposable en récit. Bref, de changer mon
point de vue en creusant l'idée, pour estimer si cela vaut la peine d'en faire d'un jeu ou n'est finalement qu'une bonne trame de nouvelle/roman à explorer.
En réalité, cette question me taraude depuis plus de dix ans sur un de mes projets, SubAsylum, épais jeu de 280 pages déjà écrit, mais qui n'est finalement qu'un énorme récit linéaire sous
forme de jeu de rôles. Bref, il faudrait remonter la mécanique un brin pour en faire quelque chose de jouable pour le plus grand nombre. Au fil du temps, de ses nombreuses incarnations et
développements, plusieurs personnes m'ont dit que SUB avait tout d'un roman. Ce que j'ai bien voulu croire, vu que je m'étais laissé aller à une importante nouvelle d'introduction, qui est
plus un début de roman qu'un véritable texte d'ambiance.
Mais il n'en demeure pas moins que l'exercice est différent. Pas forcément plus dur, juste différent. Après que ce jeu ait intéressé un éditeur (le temps d'une liquidation toujours pas
annoncée), je suis revenu dans cet univers en poursuivant l'histoire sous la forme d'un roman. Que je continue aujourd'hui, avec un plaisir certain. Sans objectif, sans me précipiter, juste pour
explorer tout ce que j'ai en tête. Le pavé est devenu une sorte de bible, un véritable dictionnaire de l'univers que je consulte pour me rappeler un détail, un terme, une description. Plus qu'un
jeu de rôles, ces 280 pages composent désormais une matière importante qui me permet d'avancer, par petites touches, et de savoir clairement où je vais. Et plus j'avance sur le roman,
plus de nouvelles idées me viennent, pointant tel ou tel défaut du jeu, ce qu'il faudrait rajouter, modifier, pour l'améliorer de façon drastique. Etonnant : le jeu me sert de base au roman, le
roman me permet d'améliorer le jeu. Aucun des deux ne verra certainement le jour dans le futur, mais l'équilibre est intéressant. Troublant même.
Ah et puisqu'on en parle, c'est l'occasion de montrer quelques cartes réalisées, en leur temps, par l'ami André Reina...


P.S : plutôt caleçon en fait...
